Empire State Of Mind

I challenge you to make your life a masterpiece. I challenge you to join the ranks of those people who live what they teach, who walk their talk.

_Tony Robbins _

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                                                                   Partir À la dérive et errer

On dit que son port de plaisance n’est plus !  

Je me suis toujours posé cette question rhétorique mais légitime, le bateau sans port à quoi bon navigue t il ? à quoi bon se leurrer dans les méandres de la mer pour finir à chaque fois rejeté sur les côtes hostiles de l’existence ?

 À quoi bon changer de destination quand la terre mère elle même nous rejette ? s’amarrer comme un aventurier totalement déboussolé qui cherche identité et refuge, s’amarrer comme un cœur meurtrie d’un corps refusé par toutes les tombes, s’amarrer et se marrer de la destinée épineuse, d’une loque humaine qui a perdu l’être et l’avoir. 

un macchabée sur les flots de l’âme, voilà ce qu’il en reste d’un être qui a perdu son port. À vitesse de croisière, tous les destins sont détestables et toutes les affectations sont étrangères.

À vitesse de croisière, toutes les vagues sont ravageuses, à vitesse de croisière, la pluie nous trou la peau, le vent nous déchire les tripes. 

On dit que son port de plaisance n’est plus !

Cet exil intérieur incurable, quand au fond du gouffre de la vie, tu admets que tes veines se sont asséchés, que ta sève s’est tarit, à quoi bon vouloir ancrer quand la terre natale s’est désamorcer.

Photo: The blue hour by Agnes-Cecile.

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Porte drapeau”, Le Bardo 4 août 2013. Photographie Hamideddine Bouali

Lettre à ma fille 

Comme presque chaque matin , cette envie de se réveiller et d’entamer une belle journée n’est plus. Angoisse, tristesse et incompréhension sont un plat quotidien désormais. Il ne s’agit guère d’une dramatisation, d’un défaitisme incurable ou d’une immuabilité innée, c’est plutôt une reviviscence d’un deuil qu’on refuse de “solver”, une plaie qui , à peine cicatrisée, elle vient à être ravivée d’avantage et d’un seul coup.

Certes ce que j’écris est aussi bien morose qu’énigmatique mais fallait bien laisser quelque chose au futur, qui , on le sait tous, adviendra mais reste inconnue.

Ce pays ma grande est une terre bénite dont l’amour est plus fort qu’un amour pour une mère, pour un homme. Quand l’amour de la patrie se proclame, aucun sentiment humain ne compte , seule l’omnipotence nationale est due. Cet amour , vois tu ma fille, est inaliénable, invendable et inviolable et ceux qui se pérennisent à le soustraire , à le diviser ou à le mettre sous une racine dogmatique de tout front se voueront à l’échec un jour ou l’autre.

Les méandres d’une politique post révolutionnaire sont à leur acmé car on dépend en ce moment de l’adage qui dit qu’à chaque jour suffit sa peine. Rien n’est vraiment comme avant, une hémorragie interne vide la Tunisie de son sang et les citoyens de tous leurs espoirs. On est gouverné par des personnes dont le sens moral est anéanti, aucune considération n’est valable à part celle du sacro saint pouvoir, du moins une illusion du pouvoir qu’on arrache à la source même pour le radicaliser dans une institution pourrie jusqu’à la moelle. Le persécuté fut persécuteur bien des années après. 

Des hommes sont morts ma petite , pour avoir clamé haut et fort ce que personne n’ose plaider, des hommes ont étés meurtris , éliminés parce qu’ils ont leur sort entre les mains de colosses aux pieds d’argile, une sorte de gang d’incompétents aussi stériles que répugnants.

Aujourd’hui, on a enterré l’âge de sérénité ma fille, on ne cesse d’enchaîner les tentatives pour terroriser les gens, les terrer dans une peur handicapante pour monopoliser la scène sociale et par conséquent politique. Et pour tout te dire, personne ne détient la vérité même le plus avant gardiste parmi nous. Seulement , la panique est devenu ce luxe qu’on ne peut s’offrir, ça sera alors signer son arrêt de mort à la Tunisie.

Les gouvernants actuels opèrent en intra-veineux pour rompre les rangs de la ferveur patriotique et irradier toutes les structures du pays. Le “diviser pour mieux régner” n’a jamais été aussi haineux et sanguinaire. Ce qui est malheureux, c’est que sur une grande place à Tunis , il y a désormais nous et il y’a tous les autres , ce grand autre Tunisien mais hélas ennemi.

L’air devient irrespirable !

Ils essaient tant bien que mal de plomber le moral et la volonté de toute une génération qui porte le pays dans le cœur et à ce stade là on ne sait plus à quel saint se vouer avec autant de frustrations et de thèse/ anti-thèse qui fusent de partout dans un climat politique vertigineux. 

Cependant la lueur d’espoir reste animée parce que le Tunisien sait renaître de ces cendres. La réforme doit toucher aux structures les plus profondes comme l’éducation des générations futures. Les mouvements protestataires du 14 janvier, les mouvances d’un certain juillet 2013 écrivent l’histoire de la Tunisie et le peuple aura des années en avant pour déraciner un Totem dogmatique et braver tous les tabous.

Ma grande, j’espère que vous ne vivrez pas la division qui nous accable, que vous n’aurez pas à déloger un incapable d’un grand palais ni des pseudo-députés d’une assemblée. J’espère qu’une femme comme toi pourrait tracer son chemin sans avoir à sacrifier sa sécurité pour ses libertés. J’espère qu’on pourra reconnaître que seul le peuple est maître de son destin, un destin digne et prospère.

Ce que j’espère par dessus tout, c’est que tu sois cette femme intelligente, courageuse et aimante. Une femme qui instruit par sa façon d’être , car vois tu la femme est la première étincelle pour tout mouvement révolutionnaire.

Frida Ben Attia 

La Chute by BBT08 on Flickr.Je sais que je ne rencontrerais plus jamais rien ni personne qui m’inspire de la passion. Tu sais, pour se mettre à aimer quelqu’un, c’est une entreprise. Il faut avoir une énergie, une générosité, un aveuglement… Il y a même un moment, tout au début, où il faut sauter par-dessus un précipice ; si on réfléchit, on ne le fait pas. Je sais que je ne sauterai plus jamais.
J.P Sartre {La Nausée}

La Chute by BBT08 on Flickr.

Je sais que je ne rencontrerais plus jamais rien ni personne qui m’inspire de la passion. Tu sais, pour se mettre à aimer quelqu’un, c’est une entreprise. Il faut avoir une énergie, une générosité, un aveuglement… Il y a même un moment, tout au début, où il faut sauter par-dessus un précipice ; si on réfléchit, on ne le fait pas. Je sais que je ne sauterai plus jamais.

J.P Sartre {La Nausée}

South , shoot & adventures

Tunisia

Psychologie et changement sociétal, le psychologue comme acteur du changement

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Il est clair qu’on peut parler de culture, d’éducation et d’entreprenariat et toutes ces choses se combinent dans la nouvelle Tunisie que nous souhaitons tous et dont on veut vous parler aujourd’hui. Leur combinaison se fait grâce aux citoyens qui y vivent et qui en font ce qu’elle deviendra.

Un citoyen de la nouvelle Tunisie, cela peut se comprendre de plusieurs façons et laisse à se poser certaines questions : Quel genre de citoyen voulez vous être ? Et de quoi sera faite cette nouvelle Tunisie ?

De part de notre profession en tant que psychologue et notre évident contact avec la population, nous avons la chance de rencontrer des personnes avec lesquelles on discute du changement dans le pays et du rapport qu’elles entretiennent avec l’industrie et l’environnement.

Ainsi, à mon humble à avis, Je crois que pour être du bon côté de l’histoire, il faut privilégier une citoyenneté qui soit active et donc responsable et avec le terme de citoyenneté, il y a la notion d’appartenance qui est mise en valeur  et d’ailleurs si il y a bien une leçon à tiré de toutes les mouvances sociétales en Tunisie c’est bien la réapparition des identités. Par ailleurs , nous constatons qu’en Tunisie, les priorités liées au bien être matériel passe toujours au premier rang aux détriments de certaines valeurs comme le bien être individuel, la qualité de vie et tout ce qui se rapporte à la notion d’environnement sain.les mouvances sociales qui ont  eu lieu depuis la révolution accentuent ce processus de changement qui requiert une citoyenneté averti et responsable pour ne pas basculer vers le coté sombre de l’histoire.

Pour ce faire, l’identification des domaines cibles du changement sont multiples et généralement reconnues par les acteurs de la société comme étant indispensables pour tout développement et émancipation. Penchons nous de prime abord sur l’éducation qui est un pilier important pour une réforme radicale car l’accès au savoir est le premier facteur d’émancipation d’une personne et de toute une population dans le sens large.

 

Le domaine de l’éducation doit être la cible parfaite et un meilleur investissement mais aussi représenté un facteur d’égalité des chances et de justice sociale. D’une autre part, il faut  faire de la place au dialogue entre concitoyens, entre générations et privilégier une  coopération afin de placer le lien social en ligne de mire.

De ce fait, une sorte de psychologie communautaire est requise pour infiltrer le domaine de la psychologie dite classique qui se terre dans une inertie sans fin. Cette discipline a pour intérêt la santé des individus et des territoires. Il ne s’agit pas d’une approche clinique, centrée sur les caractéristiques individuelles dans une perspective curative, mais plutôt des préoccupations qui concernent les transactions entre les niveaux individuels et collectifs, dans une perspective de Changement social.

Il faut savoir que la santé mentale dépends des caractéristiques individuelles mais aussi sociales et politiques et donc la nécessité d’intervention en faveur du développement des actions de prévention et de promotion de la santé mentale est plus que requise. En effet, La prévention constitue une des missions du psychologue quelque que soit son champ d’activité professionnelle. Il y est particulièrement confronté dans le champ de la santé, de l’éducation et du travail, qui sont des terrains sensibles car politiquement marqués.

Les psychologues auront besoin dans ce cas d’utiliser la compréhension des déterminants sociaux et politiques de la santé mentale afin d’agir pour promouvoir la qualité de vie des individus et des communautés et leurs participations ultérieures au développement des ressources locales. Il s’agit d’identifier des groupes en difficulté voire en situation d’oppression ou de vulnérabilité, d’agir sur le terrain avec la communauté et d’inscrire leurs actions dans une perspective de changement social. En Tunisie, plusieurs psychologues sous estiment leur pouvoir en tant que acteur dans la société civile mais surtout sous diagnostiquent  la détresse de la société qui lance un appel au secours incessant aux professionnels dont l’unique ressort est d’être avertis. Le besoin alarmant de spécialistes qui se pencheraient sur les phénomènes sociaux d’actualité s’accroit de nos jours. Les psychologues devront répondre à cette sonnette d’alarme tirée depuis belle lurette pour prévenir et orienter les personnes au sujet des mouvances sociétales dont ils en sont victimes ou témoins.

On emprunterais presque une citation qui disait que Si votre unique outil est un marteau, tous vos problèmes doivent se prendre pour des clous.” Il s’agit bien sûr d’une critique des approches trop réductrices mais aussi de la passivité de certains acteurs potentiels mais latents. Les psychologues devront avoir la conscience de ce pourvoir qu’ils ont d’être acteur que presque tous les problèmes passeraient par le changement social.

By Frida Ben Attia

Crédit Photo : Bilel Ben Taleb

 

Forum Social Mondial Tunisie 2013


 

Find sanctuary , find peace !

FRIDA PHOTOGRAPHY 

L’antique Chusira “Kessra” de la cité numide faisant partie de l’une des provinces les plus urbanisées du royaume de Massinissa perchée sur un site situé à 1.078 m d’altitude. Un village d’une beauté inouïe qui regorge d’histoire…

Silyanah, Tunisie 

faire beau jeu : créer le changement

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Qui suis -je ? 

Je ne suis Personne… comme disait Ulysse à Polyphème…Du moins, socialement parlant. Je ne suis pas un auteur à succès, ni un politicien reconnu enfin j’essai de l’être en dépassant le seuil gérable de la connerie. Je n’ai pas d’ancêtres prestigieux à moins que je sois un “Bourguibiste” chevronné ou un “Sebssiste” en sursis . Je ne suis qu’un humain ordinaire dirais le commun des mortels et combien même le Tunisien.  Maintenant, si je veux rajouter quelques qualificatifs à ce qui précède, je dirai que je suis un hyper introverti , l’extraversion calibré au grès des évènements,  un naïf ou un futé désorienté, un rêveur passif, bref, je suis un CONcitoyen comme vous tous… beaucoup plus à l’aise derrière mon écran qu’avec les personnes. Eh oui! Je suis un “procrastinateur” revendiqué… . Tu penses peut-être que ça ferait de moi un candidat de choix pour le célèbre « Dîner de cons »? Sûrement! Aussi, je milite courageusement pour la revalorisation du préfixe (con) qui représente tout ce qui existe de plus charmant en aucun cas relatif à la notion de Conscience loin de là en plus, je cite Einstein qui disait que « seul un monomaniaque obtient des résultats » donc de là me positionner en acteur je dis Non . 

l’hyperbole est poussée à son comble vous diriez ? je ne crois pas que je pourrais être plus subtile en matière de sarcasme uniquement pour me défendre contre une certaine réalité qui me préoccupe. Je ne crache pas dans ma propre soupe, je dis seulement que des fois en rentrant d’une discussion entre jeunes Tunisiens, je résume leur état d’esprit à ce que j’ai décris précédemment. Attention ceci n’est pas une généralisation ou une théorisation sauvage et heureusement d’ailleurs.

Je crois pertinemment que la Tunisie souffre d’une carence et pas des moindres , celle qui frigorifie les esprits qui s’adonnent tantôt à un trolling stérile, tantôt à l’illustration de l’hécatombe d’une société qui se meurt. La Tunisie agonise seulement parce que les jeunes s’éternisent dans une immuabilité accablante. 

Quitte à réactiver des réactions allergiques à certains, Je persiste à dire que la révolution se fait dans les têtes et les esprits et les mouvances politiques suivront par la suite. Ceci reste des paroles dans l’air, de la fiction pour des jeunes qui ont besoin d’idéaux pour être acteurs. Le père et le dogme n’ont plus de place dans une société en mouvement. je soupire rien qu’en regardant certains totémisés une idéologie et se perpétuer en théorie alors que la Tunisie est cette terre qui attends d’être semé. Ce fameux idéal ne sert qu’à remplacer la connaissance et la responsabilité individuelle, la responsabilité de chaque âme envers un corps meurtris est justement de le réanimé.

Je ne sortirai pas les répliques “bateau” du genre ” soyez le changement que vous voulez voir dans le monde” mais je crois qu’il est donné à chacun de nous de faire quelque chose pour la Tunisie. L’action citoyenne est définitivement une perspective à adopter afin de mener à bon port ce pays en mal de mer. Un leurre serait de se contenter d’être spectateur du crique gouvernemental et d’attendre bêtement la résolution des problèmes socio-économiques et autres par une politique de l’autisme , une politique de l’omerta et de l’inertie. 

Prenez le temps pour penser à ce que vous pouvez faire pour votre pays, toute action quelque soit le domaine cible sera bénéfique. Chacun peut assouvir sa vocation , la partager et l’inscrire dans un élan créateur de changement. 

L’inspiration ne manque pas je vous le dis et la Tunisie grouille de jeunes “compétences” dont les aptitudes, le savoir, le savoir-faire et le savoir-être sont mis au service de la nation. Je pense que l’engagement est avant tout moral et que, autant que nous revendiquons nos droits, remplissons tout aussi bien notre devoir. Il ne s’agit pas de créer un cap canaveral Tunisien, ou entraîner un Felix à traverser le mur du son. A ce stade, je dis seulement qu’il faut faire de la place à vos passions, à vos rêves et à tout ce qui vous réussit dans la vie. Le rêve n’aura plus le choix que de se réaliser. 

Parce que j’en avais un peu marre de voir mes compatriotes fixer la moitié vide du verre , j’avais décidé il y a bien longtemps que je viderais le verre pour le remplir à ma façon et je ne compte pas m’arrêter d’aussitôt. Je porterais en moi l’espoir d’une jeunesse qui trace son destin et qui s’épanouit contre vents et marées.


By Fridà Ben Attia 


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l’ A-mer patrie

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Si les oiseaux avaient besoin d’un visa pour leurs migrations, qui autoriserait le chant, bannirait l’hiver ou sélectionnerait le printemps?

Si mon encre devait couler un jour, ça aurait été pour briser cet océan de glace dont les décideurs du pays se pérennisent à entretenir à la chambre froide des damnés.

Candidement, l’article 13 de la déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 postule que chacun a le droit de « circuler librement et de choisir sa résidence à l’intérieur d’un état  » mais aussi le droit « à quitter tout pays, y compris le sien et à revenir dans son pays ».

En revenant sur le mythe de la liberté de circulation, on constate amèrement que l’abolissement des frontières est autant un vœux mystique qu’une illusion bien entretenue. Dans un monde où la libre circulation des biens et marchandises connait un sort plutôt satisfaisant, l’Humain est mis en quarantaine par une politique du refoulement instauré par la sacro sainte Union Européenne. L’illusion de la liberté demeure alimentée par ce marché commun, une sorte de balise trompe l’œil délimitant des espaces de libre circulation, un confinement à la limite du sectaire qui plaide paradoxalement une globalisation du monde en traçant des frontières des plus infranchissables.

Aujourd’hui, plus que jamais, l’accès aux droits garantis par la déclaration universelle des droits de l’Homme relève d’une finalité utopique et les atteintes aux droits les plus fondamentaux et aux légitimités les plus basiques se fait monnaie courante. Les politiques paranoïaques se heurtent à une menace perpétuelle, qui est celle des flux migratoires. Le seul mot d’ordre serait de neutraliser et refouler les courants migratoires plutôt que de les enfanter.

La notion de la dite souveraineté nationale est justement l’argument de trop pour justifier qu’aucune nation n’aime à considérer ses « malheurs » comme ses enfants légitimes. Cet état-providence qui est plus objet de fantasme qu’une réalité en soi risquerait, selon les états, d’être « profané » par un vent insécure et hasardeux et mènerait vers le malaise sociétal. Cette tentative de sauvegarde des territoires contre vents et marées et contre les risques et périls politiques comme le terrorisme et racisme, mais aussi sanitaires et démographiques, est vouée d’emblée à l’échec. Ceci est un fait.

Ainsi, la lutte pour la liberté de circulation n’est aucunement la solution miracle pour venir à bouts de toutes les atteintes aux droits comme le droit à la vie, le droit d’asile etc…Pour les population démunis ou celles dont les conditions socio-économiques  sont des plus vulnérables , la migration en tant que telle reste le luxe auquel elles aspirent sans pour autant l’atteindre et cela faute de ressources et surtout à cause d’une jurisprudence qui criminalise l’immigration  et en fait un délit aux dépends des conventions internationales et en violant le droit reconnu par l’article 13 de la déclaration universelle des droits de l’homme.

Sur le plan national, la Tunisie est à l’origine de nombreux exodes vers l’Europe. Les chiffres fournis par Frontex (L’Agence Européenne de contrôle des frontières), « dénoncent » que 27 864 Tunisiens parmi 64 261 personnes ont traversés le canal de Sicile  via mer en 2011.

Des chiffres beaucoup plus moroses sont à noter durant cette même année 2011, avec plus de 1000 Tunisiens morts et disparus en mer selon le FTDES «  Forum Tunisien Des Doits Economiques et Sociaux ».

En période post-révolutionnaire, nombreux sont les Tunisiens qui ont franchis les frontières de leur désarroi pour aller à l’au-delà, c’était pour eux l’Europe ou la mort.

Un arrière gout amer de l’emprise de Ben Ali rappelle aux jeunes l’autorité du père, la loi de l’interdit et la criminalisation de tout affranchissement. L’article 34 de la loi de 2004 postule en effet que « Pour entrer ou quitter le territoire tunisien, les voyageurs sont astreints à emprunter les postes frontaliers destins à cet effet […]. Toute personne de nationalité tunisienne qui ne se conformera pas aux dispositions de l’aliéna précédent est passible des peines prévues à l’article 35 ».

De ce fait les causes qui sont à l’origine de ce déferlement vers l’abîme du néant sont multiples depuis la révolution qui fut une opportunité à saisir pour ceux dont les rêves se racolent aux frontières européennes. De surcroit, le relâchement de la surveillance de la garde nationale et de la police sur les côtes ont facilités le flux migratoire et attiser cette convoitise à quitter le pays dans une quête de bien être et de bonheur. D’un autre coté, le marasme social à l’origine du climat politique instable réactive chez les jeunes les frustrations d’une société de marginalisation et d’exclusion. La fuite s’annonce alors comme ultime remède à l’accumulation de tentations impossibles à réaliser dans l’immédiat.

En effet, opter délibérément pour une traversée en mer représente pour les Harragas une tentative d’aller vers l’incertain qui reste méconnue mieux que de subir l’incertain accoutumé en Tunisie. Le désespoir est certainement le premier générateur d’un passage à l’acte à équivalent suicidaire qui est celui de « brûler » les frontières. Ce qui est frappant c’est que cette envie de cesser de souffrir surpasse le désir de vivre et l’instinct de conservation.

Avec un peu de recul que pourrait prendre chacun de nous, nous nous plierons à l’évidence qu’on est tous des Harragas potentiels, cela n’a rien de blasphématoire car on a tous eu cette idée de plier bagages et de quitter la Tunisie  sauf que pour certains les motivations de bases sont différentes de celles des autres.

Un micro-trottoir sera révélateur de ce mal être et unanimement, on consentira qu’il fait plus bon vivre dans ce pays. Au-delà d’un patriotisme inné, l’envie de vivre plutôt que d’exister est en ligne de mire.

La sonnette d’alarme a retentit plusieurs fois, mais « les décideurs » du pays ont décidés de faire la sourde oreille face à la misère, l’exclusion sociale et la harga qui se nourrissent vraisemblablement des mêmes causes.

Cela va de soi qu’un vécu de carence chez un sujet en proie à l’humiliation de la vie et à l’atteinte à sa dignité serait un tremplin pour un projet migratoire aussi « illégal » qu’il soit mais libérateur. Un des mécanismes de défense a proprement dit se manifeste par la résilience qui s’inscrit aussi dans une stratégie identitaire face à l’absence de support institutionnel et contenant social. La volonté de partir est aussi pour certains une quête de reconnaissance, une sorte de rehaussement de l’estime de soi que le chômage ne permet pas. La réalisation de soi est sans doute une finalité parmi d’autre mais cela n’est que la partie visible de l’iceberg à mon humble avis.

Celui qui « brûle » les frontières ne serait il pas entrain de brûler son identité ? Une identité qui serait aussi fragile que les embarcations au large de la méditerranée…

Certains sociologues et autres spécialistes s’entêtent à cataloguer cet appel au secours d’acte délinquant ou suicidaire. Pour ma part, s’embarquer dans une traversée interdite est justement un acte totalement décriminalisé car en absence de châtiment, le pêché n’aura point moyen ni raison d’exister. Tout est relatif, en absences de ressources, de noyaux de réinsertion sociale et de sensibilisation dans les régions les plus « reculées » de la Tunisie. La valorisation des biens matériels au détriment de toute autorité crée l’extrémisme sous ses nuances les plus fines. Reste à savoir que chez certaines « communautés » le migrant se voit attribuer et acquérir après coup ce rôle de modèle à suivre, un héros ultime qui est d’ailleurs le seul à pouvoir subvenir aux besoins de sa famille. L’imiter ou le suivre, le choix est aussitôt fait en présence d’un terrain prédisposé à la Harga.

On ne fera jamais assez le tour sur la question de la dite « immigration clandestine » tant que tous les facteurs socio-économiques et psychologiques s’enterrent sous la bannière du sujet tabou, un sujet qui fâche, offusquant surtout pour l’UE et ses politiques pseudo-globalisantes. Entre temps, des âmes rêvent d’une vie meilleur, des âmes se meurent pour éteindre le feu en eux par une traversée de milles rêves, une traversée des périls sans fin.


By Fridà Ben Attia 

PSYCHOLOGUES  2.0


l’ICT (Institute for creative technologies ) nous revient avec une innovation et pas des moindres. En collaboration avec des chercheurs de l’université de Californie du Sud, l’ICT reconnu pour son système générateur de patients virtuels pour des scénarios militaires spécifique à l’US Army, ouvre le bal avec la naissance d’avatars dont la conduite s’associe à des multiples désordres mentaux dans le but de mettre en place un programme d’entrainement clinique. Une nouvelle technologie surprenante qui met en oeuvre des humains virtuels interagissants avec des thérapeutes via un écran d’ordinateur. Les avatars imitent vraisemblablement les symptômes de patients avec des signes cliniques de troubles psychologiques. 

"Comme cette technologie continue de s’améliorer, elle aura un impact significatif sur la façon dont la formation clinique est mené en psychologie et en médecine», explique le psychologue et expert en technologie de la réalité virtuelle Albert Rizzo, Ph.D., qui a démontré par ailleurs les récents progrès de la réalité virtuelle utilisée  en psychologie.

Grâce à l’intelligence artificielle, ses humains virtuels sont dotés d’une capacité interactive évoluée permettant d’établir une communication réelle avec des humains en chair et en os.

le programme fut présenté lors de la 120ème convention annuelle de l’APA (American Psychological Association). A l’occasion, Albert Rizoo Rizzo a montré des vidéos de stagiaires en psychiatrie interagissant avec les patients virtuels appelés “Justin” et “Justine”. Justin est un jeune de 16 ans avec un trouble des conduites qui est forcé par sa famille à participer à une thérapie. Justina, quant à elle, est victime d’agression sexuelle. Elle a été conçu pour avoir des symptômes de trouble de stress post-traumatique.

Dans un premier essai, 15 résidents en psychiatrie, ont été invités à effectuer une interaction de 15 minutes avec Justina. Programmé avec le logiciel de reconnaissance vocale, Justina répond aux questions permettant par la suite au résident de faire un diagnostic préliminaire.

Certains patients qui sont à concevoir dans un futur proche sont des vétérans virtuels souffrant de dépression et de pensées suicidaires, dont le recours est destinés principalement aux cliniciens de formation et autres personnels militaires afin de pouvoir reconnaître et évoluer le risque de suicide ou de violence.

Sur le long terme, Rizzo a déclaré qu’il espérait créer un module informatique complet de formation qui dispose d’une bibliothèque variée de patients virtuels avec de nombreux «diagnostics» à l’usage des psychiatres mais aussi pour les “formateurs” dans le domaines des sciences humaines ainsi que les stagiaires.

Ce nouveau né de la nouvelle technologie est certes un brin déshumanisé mais il reste cependant un outil assez intéressant en matière d’entrainement dont le but est de dresser des diagnostics et d’en discuter les différents éléments.

En effet, les patients virtuels sont assez polyvalents et peuvent être disponibles à tout moment, n’importe où. Tout ce dont on peut avoir besoin est un ordinateur. 

Par ailleurs, cette innovation reste à mon humble avis un risque à la déshumanisation des sciences humaines, qui vise par dessus tout la compréhension de l’être humain, l’étude de sa psyché et cela grâce à un entretien clinique qui met en oeuvre certaines conduites inébranlables, pierre angulaire de l’entretien clinique, comme l’écoute bienveillante et autres concepts théoriques, surtout que le diagnostic n’est pas un but en soi pour un psychologue.

A moins qu’on me traite d’esprit rétrograde , je reste sur ma réserve quant aux avatars. Le jour où j’en aurais assez de l’humain ,je changerai de cap mais cela ne risque pas d’arriver d’aussitôt. le jour où j’en aurais assez des calembours de la psyché je me retournerai vers ces humains virtuels rien que pour m’entraîner à être trop Humaine.

Liens :

http://www.smartplanet.fr/smart-people/des-humains-virtuels-pour-entrainer-des-psychologues-16190/ via www.apa.org

By Fridà Ben Attia